En Selle Giselle : quand le vélo devient un outil de reconstruction
En Selle Giselle c'est d'abord l'histoire de Pauline
Pauline est une aventurière dans l’âme, qui découvre le voyage à vélo comme une révélation. Très vite, le vélo devient pour elle bien plus qu’un moyen de transport : un espace de liberté, un outil d’exploration, mais aussi un levier de transformation intérieure.
Des routes de France aux paysages grandioses de Patagonie, elle apprend à avancer par ses propres moyens, à faire confiance à ses capacités, à dépasser ses peurs. Le vélo lui enseigne l’autonomie, l’ancrage, et cette sensation rare de liberté que procure le fait de tracer sa route.
Mais son parcours ne se construit pas uniquement dans l’aventure.
Pendant plusieurs années, Pauline travaille au sein du ministère de la Justice, auprès de femmes victimes de violences et de personnes confrontées à des parcours de vie profondément fragiles. Formée à la justice restaurative, elle développe une approche centrée sur la reconstruction, la réparation du lien et la réappropriation de son histoire.
Sur le terrain, un constat s’impose.
De nombreuses femmes vivent une rupture profonde avec leur corps. Après des violences, certaines ne se sentent plus en sécurité dans l’espace public, n’osent plus prendre leur place, ni faire confiance à leurs sensations.
Elle comprend aussi que, si les thérapies conversationnelles sont essentielles, elles ne suffisent pas toujours face à des traumatismes complexes.
La reconstruction passe aussi par le corps. Par le mouvement. Par l’expérience vécue.
C’est là que le vélo prend tout son sens.
En engageant le corps, en remettant en mouvement, en reconnectant à ses ressources, il devient un outil puissant de résilience. Il permet de retrouver de l’autonomie, de ressentir sa force, de reprendre confiance dans sa capacité à avancer.
C’est de cette rencontre entre son expérience du voyage à vélo et son engagement auprès des femmes qu’est née l’association En Selle Giselle.
Pour Pauline, le vélo est bien plus qu’un moyen de transport : c’est un outil de résilience, de liberté et de réappropriation de sa place dans le monde.
Une association au service des femmes
En Selle Giselle porte une ambition forte : faire du vélo un outil d’émancipation, de reconstruction et de santé au service des femmes.
À travers son programme “Les Giselles en cyclothérapie”, l’association souhaite transformer les pratiques d’accompagnement des femmes victimes de violences en intégrant le corps et le mouvement comme leviers essentiels de reconstruction.
Un constat alarmant
Chaque année en France, 580 000 femmes sont victimes de violences sexuelles (Enquête Virage, INED, 2015). Pourtant, une grande partie d’entre elles ne bénéficie pas d’un accompagnement médico-social adapté.
Les structures existantes — centres médico-sociaux, dispositifs spécialisés en psychotrauma — sont aujourd’hui saturées. Par ailleurs, les approches exclusivement conversationnelles montrent leurs limites face à la complexité des trajectoires de reconstruction.
La reconstruction passe aussi par le corps et le mouvement
La santé mentale constitue aujourd’hui un enjeu majeur de société, reconnue comme Grande Cause nationale en 2025 et reconduite en 2026.
Dans ce contexte, les approches psycho-corporelles apparaissent comme des compléments essentiels. L’activité physique, notamment, est reconnue comme une thérapie non médicamenteuse, capable d’agir directement sur le bien-être mental.
Le mouvement joue un rôle déterminant dans les processus de reconstruction après un traumatisme. Il permet de retrouver des sensations, de réhabiter son corps, et de recréer un sentiment de sécurité.
Un programme d'accompagnement structuré et progressif
Le programme porté par En Selle Giselle vise à :
- Restaurer un rapport apaisé au corps
- Recréer un sentiment de sécurité, intérieure comme extérieure
- Favoriser l’expression des émotions
- Renforcer le lien social et le sentiment d’appartenance
Le parcours se déploie en 10 ateliers collectifs, articulés autour de plusieurs dimensions complémentaires :
- Des cercles de parole pour créer un cadre sécurisant, favoriser la cohésion du groupe et permettre l’expression émotionnelle
- Des sorties à vélo progressives, cœur du dispositif, allant de la remise en selle en sécurité jusqu’à l’autonomie mécanique
- Des sessions de danse-thérapie, pour approfondir le travail corporel dans un registre plus introspectif
- Un atelier de psychoéducation, pour mieux comprendre les mécanismes émotionnels et traumatiques
- Un accompagnement individuel avec une psychologue, assuré tout au long du parcours
Soutenir En Selle Giselle
Aujourd’hui, vous pouvez contribuer concrètement à faire exister ce projet. L’association a lancé sa campagne de financement participatif pour accompagner ses premiers programmes.
Soutenir En Selle Giselle, c’est permettre à ces parcours de reconstruction de voir le jour.



